« on finit par s’habituer à l’anormalité
à la répartition de la pénurie chez les cadavres raisonnables
au nom du principe rendement.
la putain n’est pas celle que vous pensez : mercenaires enlisés
de 9 à 5 pour l’avènement d’un bien-être qui n’est pas le vôtre.
dans une société subtilement hypnotique, huit heures de travail
punché par jour rend comme une guénille qui a juste
le temps de sécher avant le prochain usage.
mon temps s’achète à manufacturer des boutons pour tenir
les culottes de gens qui n’ont pas le temps.
attendre la fin de semaine, attendre d’être grand, attendre d’être compétent.
on passe sa vie à s’évanouir. »
[…]
« Nous sommes absolues, vulgaires, obscènes, mal habillées
nous vivons sous des néons intransigeants
dans une ville de malades. »
Josée Yvon, Filles-commandos bandées, Les Herbes rouges.