1924





Le Journal de Q, trop fort   ~   17.10.10

On vient de s’abonner au Devoir. Le distributeur, filiale de Québécor, a cru bon de nous faire profiter d’un essai de 14 jours d’un autre excellent produit de l’Empire, le Journal de Q. Il est difficile d‘écrire en peu de mots tout le mépris que j’ai pour cette merde de chou, mais disons que ça s’apparenterait, dans le fond comme dans la forme, à ce que Monsieur le maire du Plateau Mont-Royal en pense. Je m’en méfiais déjà dans sa version populiste sang-sexe-sport, mais le virage idéologique imposé par le nouvel empereur – Pierre Karl Péladeau, le Darth Vador de la presse écrite – a fini de déshonorer ce qu’il restait du tabloïd à sensations. Lock-out, recours aux scabs, dossiers bidons, alignement sur le parti conservateur à qui PKP tète une license de télé pour sa “Fox News du nord” – tout concourt à faire du Journal de Q l‘équivalent journalistique de la radio-poubelle qui affligeait déjà la ville de Québec.



Les “reportages” sont ouvertement biaisés, notamment la série « Où vont vos impôts » qui donne l’impression que toute dépense publique est un scandale, sans la moindre tentative de rationalisation politique que ce soit. Les chroniqueurs semblent particulièrement choisis pour leur inaptitude à penser. Sans vergogne ils ressassent les clichés les plus rebattus, pourfendent la gauche, les féministes, les écolos et toute mesure sociale qui serait pourtant propre à améliorer le sort de ceux à qui ils s’adressent. Pire, on sent qu’ils écrivent délibérément en deça de leurs capacités – c’est particulièrement vrai pour ce clown de Richard “la voix de son maître” Martineau, devenu encore plus débile depuis son passage à Québécor – voire qu’il ne sont que des machines programmées pour reproduire ad nauseam la vulgate néo-libérale et encourager tout ce qu’il y a de plus bas, de plus vil et de plus réactionnaire dans le lectorat.



Bref, ce n’est pas le moindre paradoxe de ce journal qu’il se fende en quatre pour bourrer le crâne du bon peuple alors qu’il traite celui-ci pratiquement en analphabète. Voyez plutôt ces “unes en trois mots” usant d’un procédé de permutation utilisable pratiquement à l’infini :



1) Dimanche le 10 octobre




2) et le Samedi suivant :