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Jusqu'à épuisement des stocks   ~   27.08.10

Il n’y aura pas de moratoire sur l’exploitation de gaz de schiste pour contrer ce que Pierre Foglia appelle « la prochaine peste ». Au contraire, en attendant une loi cadre à l’automne, la ministre des ressources naturelles veut simplement « développer des outils de communication pour faire tomber un certain nombre de préjugés » parce que, selon elle, les produits auxquels a recours l’industrie sont sans danger et n’abîmeront pas les nappes phréatiques ; ceci alors que le ministre de l’environnement, lui, en l’absence de quelque étude d’impact que ce soit, disait n’en pas savoir grand chose.



Il n’y aura pas de moratoire sur l’exploitation d’uranium. Une centaine de sites sont en exploration, dont une vingtaine sur la Côte-Nord, ce qui inquiète les médecins de la région, qui ont carrément menacé de démissionner si ces projets devaient être mis en oeuvre. Il n’y aura pas non plus de moratoire canadien sur le forage en mer, puisque, selon un comité sénatorial, « l’industrie canadienne des hydrocarbures extracôtiers est entre bonnes mains ».



Partout, la même rengaine : on ne peut se mettre en travers de l‘économie. On ne peut laisser passer la manne. Des emplois sont en jeu. Des précieux dollars. Partout aussi cette idée de prendre le monde pour des imbéciles qu’il faut « renseigner » et « rassurer ». Au pire, on peut même les acheter, comme on a fait quand on est allé détruire La Romaine, la dernière grande rivière non harnachée du Québec. À la prochaine crise ou catastrophe écologique, il faudra assurément regarder les choix de société – ou de non-société – du mois d’août 2010. C‘était un été de rêve, chaud et ensoleillé. C‘était l’année de la marée noire.